10.01.20 J’accuse, un film de Roman Polanski.

Sur l’Affaire Dreyfus comme sur Polanski on aura beaucoup écrit… Alors à quoi bon… pourrait-on se dire. Et pourtant le J’accuse de Roman Polanski mérite qu’on s’y penche en dehors de tout autre débat.

Disons-le d’emblée, le film est séduisant, les acteurs sont impeccables et Polanski sait filmer. Les images sont sans surprise et n’engendrent ni ennui, ni déception, ni révélations. L’œil est peut-être aussi académique que l’habit dont le cinéaste s’est revêtu dans cette brève apparition au cours du film. Mais le travail est bien fait et il a un intérêt certain.

Par le choix d’aborder le sujet au prisme du lieutenant-colonel Picquart, Polanski a évacué nombre d’éléments de l’Affaire, ce qu’un historien-ne n’aurait pu se permettre mais qui nous paraît justifiable de la part d’un cinéaste qui évite ainsi la grande fresque historique, didactique et pesante.

Le lieutenant-colonel Picquart, héros de l’affaire Dreyfus ?

L’essentiel du film se situe au sein de l’armée et autour de Picquart le véritable héros de J’accuse, interprété avec efficacité par Jean Dujardin. La construction de cette figure de héros de l’Affaire n’est pas nouvelle…les dreyfusards eux-mêmes l’ont inventée, parce que Picquart offrait des qualités meilleures que Dreyfus lui-même. Issu d’un milieu catholique alsacien, fils d’un percepteur des contributions directes et d’un grand-père qui avait été avocat au Parlement, Picquart malgré tous les efforts de la presse anti-dreyfusarde pour prouver le contraire, n’avait pas d’origines juives.

Brillant élève sorti 5e de Saint Cyr en 1872, la carrière de ce beau militaire, cultivé, amoureux des arts et antisémite réputé, était déjà bien engagée lorsqu’il fut pressenti à la « Section de statistiques » pour succéder à son chef gravement atteint de la syphilis, le colonel Sandherr (interprété par Eric Ruf). Autant dire qu’il connaissait le dossier Dreyfus, du moins le croyait-il, et qu’il n’avait pas de doute sur la culpabilité du « Juif Dreyfus » au moment de sa nomination en 1895 à la tête de ce service du contre-espionnage.

Le film débute par la fameuse scène de dégradation dans la cour des Invalides le 5 janvier 1895, puis l’action s’oriente vers la prise de fonction de Picquart dans les bureaux délabrés de ce service. Là par des flash-backs on voit le doute s’insinuer chez Picquart.

La figure du héros se tisse et se lisse alors, peut-être trop. Car Picquart, à partir de la découverte du petit bleu accablant pour Esterhazy, est montré tout tendu vers un objectif, celui de faire triompher la justice. Mais c’est oublier les tergiversations dont il a fait preuve. Les scénaristes ont évacué nombre de réticences et d’hésitations de Picquart liées entre autre à ses ambitions carriéristes. Sa première réaction a été de lier les deux « traîtres » qui étaient forcément de mèche. Car il ne faisait aucun doute en son esprit que Dreyfus était coupable. Puis une fois convaincu de l’innocence de Dreyfus, le lieutenant-colonel Picquart a été pris dans un conflit de loyauté entre son devoir de militaire porteur d’un secret compromettant pour une bonne partie de l’état-major et sa conscience, qu’il peinait à résoudre.

Néanmoins le film aborde le débat sur la meilleure façon de servir l’armée : pour Picquart c’est en rétablissant la justice et sur le plan stratégique, en reconnaissant l’erreur avant que la famille et les soutiens de Dreyfus ne remontent jusqu’à Esterhazy, ce qu’ils feront sans l’aide de Picquart. Pour le reste de l’état-major c’est garder le secret, ne pas se déjuger, condamner un innocent restant préférable à fragiliser l’institution, position parfaitement incarnée par Henry qui a renoncé à tout jugement personnel (interprété par Grégory Gadebois).

D’autant que l’innocent en question, par nature, ne peut l’être. C’est là qu’aborder l’Affaire Dreyfus sous l’angle de l’armée se révèle intéressant car les interrogations qu’elle suscite traversent une institution qui peine à accepter les mutations : accepter des Français juifs dans ses plus hauts rangs, un jeune polytechnicien en l’occurrence, tout comme elle oblige les contemporains à clarifier l’identité républicaine : qu’est-ce qu’être Français sinon partager les valeurs universelles portées par la République ? Ce n’est donc pas une question de « race ».

L’antisémitisme en accusation.

Tout le J’accuse de Roman Polanski souligne en effet le rôle de l’antisémitisme qui doit-on le rappeler, est particulièrement virulent au moment de l’affaire Dreyfus comme l’a montré Pierre Birnbaum.

BIRNBAUM Pierre, Le moment antisémite. Un tour de la France en 1898, Paris, Fayard, 1998.

Le film montre d’emblée le flashback évoquant la recherche des dossiers de ces jeunes officiers stagiaires à l’état-major susceptibles d’avoir fréquenté les services d’où proviennent les renseignements livrés aux Allemands. Jetés sur le bureau quatre ou cinq dossiers sont alignés dont le dernier est celui de Dreyfus « le Juif ? » comme le commente un des personnages, soulignant l’accusation déjà formulée avant-même la recherche des preuves. L’antisémitisme, alors courant au sein de l’armée, est ici clairement exprimé et montre sous quelle étiquette Alfred Dreyfus était identifié.

Lors de la cérémonie de la dégradation apparaît en gros plan le général Sandherr, personnage souffrant qui ricane, comparant le traître juif aux martyrs chrétiens jetés dans la fosse aux lions : « c’est ça le progrès ! » claironne-t-il. A ce stade le spectateur peut être pris d’un doute : s’agit-il d’un sarcasme ou d’une critique ?

Le personnage qui disparait assez tôt dans le film, dissipe nos doutes par une tirade lorsqu’à l’article de la mort, il confie à Picquart le soin de redresser la France de sa décadence, par des paroles dignes de La France juive, essai d’histoire contemporaine, de Drumont paru en 1886 où on pouvait lire : « ce qu’on ne dit pas c’est la part qu’a l’envahissement de l’élément juif dans la douloureuse agonie d’une si généreuse nation, c’est le rôle qu’a joué dans la destruction de la France l’introduction d’un corps étranger dans un organisme resté sain jusque-là ». Le thème de la décadence est peu évoqué hormis à ce moment-là tandis que celui de l’antisémitisme apparaît à de multiples reprises. Le film ne fait pas le lien qui unit les deux, or il est au cœur de l‘antisémitisme contemporain de l’affaire Dreyfus.

Outre les références religieuses traditionnelles de l’antijudaïsme, l’antisémitisme est présent dans les mots de l’époque relevant du registre biologique, médical et prophylactique. Le film glisse vers cette dimension lorsqu’on suit la caméra au bureau de la préfecture de police de Bertillon dans lequel les planches et mesures anthropométriques des criminels de tout bord posent le cadre d’une expertise qui se veut scientifique…

C’est ce même Bertillon (Mathieu Amalric), l’expert en écriture qui s’exclame au cours de cette même scène, que les Juifs auront formé quelqu’un d’autre pour confondre Esterhazy à la place de Dreyfus. Ainsi lorsque l’expertise « scientifique » est mise à mal, il reste le complotisme. Et à de multiples reprises la « juiverie internationale » riche comme il se doit, agit en douce, elle ou « le syndicat juif », Picquart lui-même étant soupçonné d’être à la solde des Juifs et finalement insulté par Esterhazy lors d’une empoignade de rue sous les termes de « sale juif !».

Le film fonctionne comme un huis-clos et les ouvertures vers l’opinion ou la société sont rares. Il n’est donc pas question de montrer combien l’Affaire divise les Français entre dreyfusards et anti-dreyfusards. Mais l’antisémitisme apparaît lors du procès quand les témoins montent les marches du tribunal sous les vivats ou les huées des badauds et surtout au moment où le « J’accuse » de Zola paraît le 13 janvier 1898. Une scène de rue évoque un autodafé et une sorte de nuit de cristal avant l’heure qui peut surprendre.

Picquart comme antisémite n’est pas épargné par les scénaristes. On le voit répondre à Sandherr, lors de la cérémonie de dégradation que Dreyfus « ressemble à un tailleur Juif qui voit son or qui va à la poubelle », ou encore dans un entretien avec Dreyfus jeune élève insolent qui ose lui demander des comptes sur sa notation. Picquart se défend maladroitement affirmant que seul son jugement sur les compétences entre en ligne de compte, soulignant ainsi qu’il y a d’autres jugements qu’il tient à distance, ce que ne manque pas de lui faire remarquer Dreyfus.

Mais ensuite cette dimension s’efface du film. Et plus on avance plus Picquart est la victime de l’Affaire et finalement y trouve une sorte de rédemption, une figure de Juste. Or à en croire Philippe Oriol, et M. Reinach avant lui, le « faux-ami du capitaine Dreyfus » était bien plus soucieux de sa carrière que du sort de Dreyfus. C’est là que le film aurait pu gagner en complexité notamment par le biais des personnages secondaires. L’avocat Georges Leblois, (interprété par Vincent Pérez) par ses hésitations à révéler l’entièreté de l’affaire parce que Picquart lui a demandé le secret sauf si sa propre vie était menacée et pas pour Dreyfus, à Scheurer-Kestner fragilise la défense de Dreyfus lors du second procès en 1899. Mais Scheurer-Kestner, vice-président du Sénat, est quasi absent du film ainsi que, à l’étonnement général, Bernard Lazare.

La vie de Bernard Lazare mériterait un film à elle-seule.

Né en 1865 dans une famille de la bourgeoisie française, il mène la vie de bohême à Paris à partir de 1886, mêlant écrits littéraires, journalistiques et engagement politique du côté des anarchistes. D’une famille peu versée dans la pratique religieuse du judaïsme, Bernard Lazare pensait que l’antisémitisme disparaîtrait avec les religions… En 1895, c’est lui que Matthieu Dreyfus contacte parce qu’il a publié un article contre l’antisémitisme dans L’Echo de Paris le 31 décembre 1894, au lendemain de la condamnation de Dreyfus. A partir de là Lazare s’engage corps et âme dans la défense de Dreyfus jusqu’au duel avec Drumont au pistolet ! C’est une autre figure d’écrivain engagé qui apparaît.… Au lendemain de la parution de J’accuse, il rassemble avec Léon Blum, Marcel Proust et d’autres encore les signatures pour Le Manifeste des Intellectuels. Il est présent à la cour de cassation qui annule le jugement du 28 décembre 1894 et renvoie Dreyfus devant le conseil de guerre de Rennes où il sera à nouveau. Bref Bernard Lazare est un personnage incontournable de l’affaire Dreyfus et il était risqué de ne pas lui attribuer une place. Mais il est vrai qu’un rôle secondaire lui aurait mal convenu.

On peut s’étonner tout autant de l’absence de Joseph Reinach, un des premiers défenseurs du capitaine Dreyfus, comme député des Basses-Alpes puis comme journaliste et historien de l’Affaire qui avait souligné dès le départ par de nombreux articles, le rôle fondamental de l’antisémitisme dans la condamnation de Dreyfus.

Les socialistes et Jaurès lui-même sont absents du film. Il est vrai que leurs divisions à ce sujet ont amené certains derrière Jules Guesde à ne pas se mêler d’un combat « bourgeois » qui n’était pas le leur. Mais Jaurès sans être un des premiers Dreyfusards prend clairement parti en faveur de Dreyfus en 1898, surtout après les élections législatives de mai 1898 où il perd la circonscription de Carmaux et reprend le combat sur le terrain du journalisme alors que Zola est en exil. Il publie une série d’articles dans La Petite République entre août et septembre 1898 qui seront repris et édités sous le titre Les Preuves. En prenant la défense d’un bourgeois, militaire et juif Jaurès a largement fait évoluer la gauche à ce moment-là et dans les années suivantes au service de la réhabilitation de Dreyfus.

Mathieu Dreyfus est un second rôle, un tout petit peu moins que Mme Dreyfus dont l’apparition est réduite à un joli minois retenant ses larmes avec beaucoup de dignité au tribunal lors du deuxième procès à Rennes en juin 1899. Or on sait quelle part active Mathieu Dreyfus, Bernard Lazare et Lucie Dreyfus ont prise notamment au début en 1894 où ils étaient bien seuls à mener le combat. On imagine sans peine le courage qu’il a fallu à cette dernière durant ces longues années. Sa correspondance le montre, elle n’est pas réduite au rôle mineur que le cinéaste lui prête, celui de simple femme… Mais le sujet n’est pas là sans doute.

Le sujet c’est le lieutenant-colonel Picquart, le héros. Au point de lui faire accomplir l’incroyable au travers d’une scène totalement imaginaire et qui permet un raccourci commode : il aurait rencontré Zola chez son éditeur Charpentier, lors d’un rendez-vous organisé par Leblois. La scène permet de passer en revue les différents protagonistes du camp dreyfusard si vite qu’on peine à les identifier sauf le moment où la caméra tourne et fixe un gros plan sur Zola. Ainsi donc Picquart aurait été à l’origine du fameux « J’accuse » paru dans le journal de Clemenceau, L’Aurore du 13 janvier 1898. Ce qui est entièrement fictif car jamais les deux hommes ne se sont rencontrés. C’était peut-être pousser la figure du héros un peu loin.

C’est dans le contexte de la presse écrite et de l’engagement politique qu’il faut situer le fameux texte de Zola que l’on ne connaît que par sa fin (celle utilisée dans le film) c’est-à-dire la litanie des « J’accuse ». Comme le montre Alain Pagès6, l’article est intitulé par Zola « lettre ouverte au Président de la République Félix Faure », le gros titre de la manchette de L’Aurore étant une idée de la rédaction du journal. Il n’empêche qu’il s’agit bien pour Zola dont les lecteurs savent dans quel camp il se situe, d’interpeller le pouvoir politique pour infléchir le cours d’une affaire judiciaire vers une affaire d’Etat. Avec ses talents d’écrivain il décrit minutieusement les faits et attaque une armée qu’il avait déjà prise pour cible dans son roman, La Débâcle, publié en 1892 dans la série des Rougon-Macquart, à propos de Sedan. Pour l’occasion L’Aurore a été tiré à 300 000 exemplaires au lieu des 20 000 à 30 000 quotidiens et le texte de Zola tient quasiment tout le numéro au lieu des deux ou trois colonnes habituellement réservées aux articles politiques. Il s’agit donc clairement de livrer bataille à une presse très largement anti-dreyfusarde, notamment La Libre Parole, l’influent journal d’Edouard Drumont dont l’antisémitisme est la raison d’être. On est donc bien loin d’une idée survenue au hasard d’un dîner mondain et suggérée par le lieutenant-colonel Picquart…

De même, le raccourci des années d’éloignement de Picquart avant son exclusion de l’armée en 1898, le montre en victime d’une injustice de la part d’une institution sans dire que l’armée tient à le garder en son sein pour éviter un scandale, voire les révélations qu’il pourrait faire en étant relevé de ses fonctions et sans montrer que lui-même n’avait guère l’intention de la quitter. Ce qu’aurait pu exploiter davantage la scène du retour et son entretien avec son ami et défenseur l’avocat Georges Leblois.

Il ne s’agit pas de la cause de Dreyfus, Picquart défend ses propres intérêts et ne demande à Leblois de tout révéler que si ceux-ci sont clairement menacés, sauf qu’à ce moment-là la cause de Dreyfus et celle de Picquart ont forcément partie liée. Mais du point de vue narratif il fallait bien que le héros passe par un chemin de croix, de son antisémitisme clairement affiché en début de film à son combat et sa victoire à la fin, la mise à l’écart, le désaveu de la part de ses collaborateurs, l’éloignement puis l’arrestation, la rétention au Mont Valérien enfin la prison du Cherche-Midi en formeront les étapes.

Pour aboutir par une accélération des temporalités, à la rédemption : on retrouve Picquart ministre de la guerre.

C’est dans le splendide bureau du ministre qu’a lieu la dernière entrevue entre Picquart et Dreyfus comme une mise en miroir de la première scène au cours de laquelle Dreyfus contestait sa mauvaise note, soupçonnait l’antisémitisme de Picquart d’en être la motivation profonde et où il avait souligné par une logique implacable qu’il avait sans doute raison. Dreyfus, raide comme la justice, ferme, audacieux, presque insolent (tous les lieux-communs le concernant sont repris) demande au ministre d’accélérer sa carrière en raison des années perdues sur l’île du Diable argumentant sur la comparaison de leurs deux carrières. Lorsque Picquart refuse au prétexte que ça le mettrait dans une situation inconfortable avec l’armée et qu’il finit par quasi remercier Dreyfus : « en quelque sorte c’est grâce à vous que je suis là », Dreyfus à nouveau a le dernier mot. Il esquive en lui répondant qu’il n’est là que parce qu’il a accompli son devoir. L’ambiguïté de Picquart, sa fidélité aux institutions et peut être le souci de sa carrière retrouvée, plus que la morale du héros, ressortent. Face à lui c’est un Dreyfus raide, droit, ferme que Polanski met en scène. Il semble incarner à lui seul la justice. Le film s’achève donc sur un peu plus de subtilité qu’il ne le promettait. Dreyfus dans sa protestation concernant son avancement n’a pas fait la paix avec l’institution militaire, Picquart l’a faite. Dreyfus incarne la promesse d’autres combats, Picquart est rentré dans le rang.

Il reste le titre du film, J’accuse. Pratique du point de vue marketing car chacun sait l’identifier, il peut surprendre au regard du choix des scénaristes. Car il implique le camp des dreyfusards bien absent dans le film. Toutefois la lettre ouverte de Zola au président de la République Félix Faure parue dans L’Aurore le 13 janvier 1898, accuse bien l’armée et une large partir de l’Etat-major c’est-à-dire les protagonistes du film qui sont bien les Sandherr, Henry, les Paty du Clam, Mercier, Boisdeffre, Gonse, Billot et consorts.

Qui Polanski accuse-t-il ? L’armée ? La bêtise ? L’antisémitisme ? Ou tout ensemble ?

Usages pédagogiques envisageables

L’exploitation avec les élèves peut être riche dans ce cadre-là que ce soit dans les cours d’Histoire, d’éducation morale et civique ou en spécialité de Première générale, Histoire-géographie, sciences-politiques, géopolitique.

Il s’agit bien de montrer le statut d’une fiction, un film en l’occurrence basé sur le livre de Harris qui a co-signé le scénario avec Polanski, et le travail de l’historien-ne.

Proposer des sources permettant de montrer la complexité du personnage, déconstruire la figure du héros pour aboutir à une prise de conscience de la distinction entre deux mises en récit : celle qui relève de la fiction et celle qui relève du travail minutieux de reconstitution des faits à partir des sources. Plusieurs courts extraits sont exploitables :

  • La très belle scène de la dégradation est une bonne accroche pour entrer dans le sujet.
  • Les procédés filmiques qui aident à identifier les protagonistes comme celle de la lecture de L’Aurore au moment de la parution de « J’accuse » ou la montée des marches du tribunal peuvent être utiles pédagogiquement ainsi que la visualisation des documents de l’affaire.
  • Les différentes occurrences qui soulignent l’antisémitisme peuvent être extraites pour aligner son caractère multiforme et surtout la scène dans l’atelier de Bertillon qui nous replace dans les croyances « scientifiques » propres à l’époque.

Bibliographie

  • JOLY, Bertrand, Histoire politique de l’affaire Dreyfus, Paris, Fayard, 2014
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  • DUCLERT, Vincent, Alfred Dreyfus. L’honneur d’un patriote, Paris, Fayard, 2006 ; nouvelle édition collection Pluriel, 2016.
  • DUCLERT, Vincent, « Histoire, historiographie et historiens de l’affaire Dreyfus (1894-1997) », La postérité de l’affaire Dreyfus, Michel Leymarie (dir.), Lille, Presses Universitaires du Septentrion, coll. Histoire et civilisations, 1998, p.151-253.
  • ORIOL, Philippe, L’Histoire de l’affaire Dreyfus, tome1, L’affaire du capitaine Dreyfus-1894-1897, Paris, Stock, 2008.
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  • Livre III. L’Affaire. Janvier 1898-septembre 1899 ;
  • Livre IV. La troisième affaire Dreyfus et ses suites. Septembre 1899-décembre 2012, Paris, Les Belles Lettres, 2014.
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  • ORIOL Philippe, Le faux-ami du capitaine Dreyfus, Picquart, l’Affaire et ses mythes, Paris, Grasset,2019.
  • PAGES, Alain, L’affaire Dreyfus, Vérités et légendes, Paris, Perrin, 2019.
  • PAGES, Alain (dir.), Emile Zola. De J’accuse au Panthéon, Saint Paul, Lucien Souny éditeur, 2008.

ORIOL Philippe, Le faux-ami du capitaine Dreyfus, Picquart, L’Affaire et ses mythes, Paris, Grasset, 2019.

REINACH Joseph, Histoire de l’affaire Dreyfus, éd. Hervé Duchêne, Paris, Robert Laffont, « Bouquins »,2006 [1ere éd.1901-1911]

JAURES Jean, Les preuves. Affaire Dreyfus, éd.Madeleine Rébérioux et Vincent Duclert, Paris, La Découverte,1998.

PAGES Alain, L’affaire Dreyfus, vérités et légendes, Paris, Perrin, 2019. Chapitre 4 pages 47-55.

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