En déportation, le détenu voit ses nuits hantées par l’extermination et traversées par des désirs essentiels (manger, boire, rentrer chez soi, surmonter la peur de ne pas être cru). De ce vécu nocturne découle une présence forte du motif du rêve dans la littérature de la Shoah. Chez un survivant comme Primo Levi, le récit du rêve vient témoigner de l’empreinte indélébile de la déportation, lorsqu’il écrit rêver qu’il est « à nouveau dans le Camp et [que] rien n’était vrai que le Camp ».
Primo Levi, La Trêve, 1963, traduit de l’italien par Emmanuelle Genevois-Joly, Paris, Grasset, Le livre de poche, p. 249.
Si le rêve est partout dans la littérature de la Shoah, c’est – d’après Christiane Solte-Gresser, professeure à l’université de la Sarre – aussi parce que c’est un procédé narratif extrêmement productif pour explorer les limites du représentable. En effet, le rêve « formule une expérience réelle de l’irréel, c’est-à-dire qu’il transpose l’irréel de l’expérience dans le récit d’un vécu onirique réel » (p. 245). Ce qui rend l’essai de cette comparatiste allemande si stimulant, c’est sa manière de surmonter les apories traditionnelles liées à la représentation de la Shoah. En investissant le territoire de l’onirisme, elle montre qu’il devient possible de « penser ensemble le sens et le non-sens ».
Ibid., p. 247.
L’ouvrage analyse des rêves contenus dans des témoignages, des fictions, des poèmes, des pièces de théâtre, ou rassemblés sous forme de protocoles. La gamme est vaste, comme l’explique l’autrice : « rêves racontés et consignés sur les routes de l’exode ou en exil, et publiés pendant (voire dans certains cas avant) la Shoah […], rêves faits en détention ou qui replacent les rêveurs après la libération (à nouveau) en pleine réalité concentrationnaire, jusqu’aux rêves des descendants de survivants, lesquels se poursuivent au XXIe siècle » (p. 241), sans oublier les rêves qui superposent les temporalités et permettent de retrouver provisoirement les morts. Une autre singularité de l’étude, et non des moindres, est la prise en compte de textes écrits par des femmes, sept en tout : une telle proportion est malheureusement encore rare dans les ouvrages consacrés à la littérature concentrationnaire.

Les rêves de la Shoah : un matériau longtemps ignoré
Avant, pendant, et après la guerre, des anonymes ont consigné leurs rêves. Certains ont aussi sollicité, conservé et publié des récits de rêves de tiers, notamment Charlotte Beradt dans Rêver sous le IIIe Reich (1966, traduit en français seulement en 2002) mais aussi Emil Szittya dans 82 rêves pendant la guerre entre 1939-1945 (1963). La première, journaliste allemande, a secrètement recueilli, entre 1933 et 1939, plus de 300 rêves de citoyens allemands ordinaires (juifs et non-juifs). Le second, un écrivain et peintre hongrois vagabond réfugié en France pendant l’Occupation, a collecté les rêves de personnes croisées au hasard de sa clandestinité, à une période plus difficile en soi et particulièrement pour lui, en tant que juif. Entre 1973 et 1974, ce sont des psychiatres et des sociologues polonais qui ont recueilli des rêves de survivants de la Shoah via des questionnaires. Un choix de réponses fut publié et commenté en 1977 en Pologne (et en 1987 en allemand) et, en 2016, le directeur du Musée d’Auschwitz a fait connaître l’ensemble des réponses.
Charlotte Beradt, Rêver sous le IIIe Reich, 1966, préface de Martine Leibovici, postface de Reinhart Koselleck et de François Gantheret, traduit de l’allemand par Pierre Saint-Germain, Paris, Payot & Rivages, 2002. L’édition originale s’intitule : Das Dritte Reich des Traums [Le Troisième Reich du rêve], Munich, Nymphenburger Verlagsbuchhandlung, 1966. Une première série de rêves collectés est publiée dès octobre 1943 dans le journal new-yorkais Free World sous le titre « Dreams under Dictatorship ».
Émile Szittya, 82 rêves : pendant la guerre 1939-1945, illustré par l’auteur, Paris, Les Diurnales, 1963 ; réédité avec une préface d’Emmanuel Carrère sous le titre Emil Szittya, 82 rêves pendant la guerre entre 1939-1945, Paris, Allary, 2019.
Jagoda Zenon, Stanisław Kłodziński, Jan Masłowski, « ‘Die Nächte gehören uns nicht…’ Häftlingsträume in Auschwitz und im Leben danach [« Les nuits ne nous appartiennent pas… » Les rêves des détenus à Auschwitz et dans la vie d’après] », in Hamburger Institut für Sozialforschung, Die Auschwitz-Hefte, t. 2, 1987, pp. 189-239.
Piotr Cywiński, Sny obozowe w pamięci ocalatych z Auschwitz [Les rêves du camp dans la mémoire des survivants d’Auschwitz], Auschwitz, Państwowe Muzeum Auschwitz-Birkenau, 2016.
Selon Christiane Solte-Gresser, l’après-guerre fut dominé par la reconstruction et des enjeux économiques. Pendant vingt ans, on ne s’intéressa pas collectivement à la répercussion de la terreur nazie sur la psyché. Il fallut attendre la reconnaissance du Concentration Camp Syndrome grâce aux travaux du psychiatre Paul Chodoff, parus en 1963, pour que le lien entre vécu traumatique et souffrances psychiques des rescapés soit clairement établi. Et ce n’est qu’en 1980 que fut reconnu le trouble de stress post-traumatique (post-traumatic stress disorder ou PTSD). « Depuis lors, on admet que des événements extérieurs peuvent effectivement occasionner le traumatisme, sans que les victimes présentent nécessairement une faiblesse du moi ou une hypersensibilité préalable » (p. 22).
Paul Chodoff, « Late Effects of the Concentration Camp Syndrome », Archive of General Psychiatry, t. 8, n° 4, 1963, pp. 323-333.
Les rêves des déportés et des rescapés ne sont pas des rêves comme les autres. Ils rendent compte de « l’aliénation, la destruction de l’identité, la décomposition du rapport à soi ». De ce fait, ils obligent à repenser voire contredisent les fonctions qui leur sont attribuées depuis Freud. L’ouvrage de Christiane Solte-Gresser n’est pas la première étude sur les rêves des survivants de la Shoah et autres victimes ou même spectateurs (traduction parfois proposée pour le terme de bystanders) du nazisme mais, à la différence des études précédentes, la chercheuse en littérature comparée se penche tant sur le fond que sur la forme d’un très grand nombre de récits de rêve. Les différentes œuvres sont décrites avec concision, la spécificité des récits de rêve est rapidement énoncée puis comparée avec d’autres textes. Les analyses sont très précises et argumentées par des exemples bien choisis.
Ibid., p. 246.
Dans les genocide studies, on parle parfois de bystanders depuis la typologie proposée par Raul Hilberg dans Perpetrators Victims Bystanders: The Jewish Catastrophe 1933-1945,paru en 1993. Ce terme, qui désigne ceux qui ne prennent pas part à la violence et ne la fuient pas non plus, est toutefois contesté, les bystanders pouvant parfois s’insérer plus ou moins passivement dans l’entreprise d’extermination.
Sur la prise en compte, dans cette étude, aussi des victimes non-juives, voir ibid., p. 9.
Christiane Solte-Gresser montre que, dans la littérature, les récits de rêve peuvent constituer
un puissant moyen de mise en scène de la violence physique et sensorielle vécue en deçà des mots. C’est notamment le cas pour les silences, les refoulements et les pertes de la parole, qui se retrouvent dans toute la littérature de la Shoah. Les rêves se meuvent ainsi dans un espace compris entre travestissement traumatique de la langue et besoin irrépressible de parler. En un sens, ils participent à une forme de reconquête des moyens propres d’expression verbale.
p. 246
Pour dégager le potentiel réparateur des rêves, la chercheuse s’appuie sur les travaux de la psychologue et psychanalyste Marie-Odile Godard : ce potentiel tiendrait à « la communication du rêve à un interlocuteur empathique, qui en accueille[rait] affectivement le récit, permettant ainsi au moi abîmé d’échapper à son enfermement traumatique » (p. 219). L’étude d’une parole traumatisée, entre mutisme et besoin de raconter, indicible et inécoutable, n’est toutefois qu’un aspect de cette recherche.
Marie-Odile Godard, Rêves et traumatismes ou la longue nuit des rescapés, Ramonville Saint Agne, Erès éditions, 2003.
Une vaste enquête internationale
Pour cartographier les récits de rêve de la Shoah, Christiane Solte-Gresser a déployé une vaste enquête internationale. Son corpus primaire, majoritairement littéraire, en témoigne : il croise des voix venues aussi bien d’Europe de l’Ouest et de l’Est (France, Allemagne, Pologne, Roumanie…) que d’Israël ou des États-Unis. Les langues principales de rédaction des textes étudiés sont le français, l’allemand, l’anglais et l’italien.
Les rêves sont étudiés en neuf chapitres à la fois distincts et complémentaires, sans redites : rêves d’un moi endommagé (Jean Cayrol et Vercors), transcriptions de rêves entre politique et poétique (Charlotte Beradt et Emil Szittya), rêver au camp (Primo Levi, Robert Antelme, Charlotte Delbo, Jorge Semprún, Anna Langfus), rêves du “Muselmannˮ (Charlotte Delbo, Vercors, Elie Wiesel), cauchemars de l’après-guerre (Günter Eich, Primo Levi, Anna Langfus), temps onirique et histoire (Anna Seghers et Jonathan Safran Foer), le rêve du retour au camp (Primo Levi, Charlotte Delbo, Werner Fritsch, Jean Cayrol, Georges Perec, Jorge Semprún), savoir et transcription du rêve (Charlotte Beradt, Paula Ludwig, Ingeborg Bachmann, Hélène Cixous), de l’« inclôturable » et de l’irréparable de la Shoah : récits de rêves dans la littérature israélienne contemporaine.
Le Muselmann est un détenu de camp de concentration « épuisé d’une façon irréversible ». Sur ce terme, issu du jargon du camp, voir Primo Levi, Les Naufragés et les rescapés. Quarante ans après Auschwitz, 1986, traduit de l’italien par André Maugé, Paris, Gallimard, 1989, p. 97 et suiv.
L’ouvrage initial, paru en 2021 en allemand, comportait 12 études. La version française est réduite et actualisée. Christiane Solte-Gresser, Shoah-Träume. Vergleichende Studien zum Traum als Erzählverfahren, Paderborn, Fink 2021, 498 p. Sur cet ouvrage, voir mon compte rendu dans la Revue de littérature comparée (n° 382, t. 2, 2022, pp. 240-242).
L’organisation est relativement chronologique puisque l’analyse s’ouvre par les deux recueils de rêve parus dans les années 1960 et s’achève par les textes les plus contemporains. Le thème du rêve s’est révélé une entrée incroyablement riche puisqu’il permet de rassembler des textes écrits par dix-huit écrivains principaux, dont un tiers est peu connu et donc peu étudié. Le corpus se caractérise par une grande diversité de profils : si près de la moitié des textes (huit) émanent de rescapés, deux autres sont signés par d’anciens enfants cachés (Georges Perec et Hélène Cixous), soit la génération 1.5. Les récits restants proviennent des générations d’après ou d’auteurs sans lien biographique direct avec l’événement. Le corpus prend aussi en compte des personnalités contemporaines de la Shoah mais non victimes de cet événement comme Ingeborg Bachmann et Günter Eich. On peut, comme c’est mon cas, être hostile aux corpus qui mêlent œuvres de témoins et de non-témoins, mais cette réserve ne tient pas quand le corpus est construit avec autant de précision, d’éléments indispensables de contexte et de conscience des enjeux.
Cette génération peut être dite 1,5, voir Susan Rubin Suleiman, « The 1.5 Generation : Thinking About Child Survivors and the Holocaust »,American Imago, t. 59, n° 3, automne 2002, pp. 277-295.
Cf. Aurélie Barjonet, L’Ère des non-témoins. La littérature des “petits-enfants de la Shoahˮ, Paris, Kimé, 2022.
L’enquête montre que, dans certains rêves, « la Shoah est anticipée sous la forme de protocoles », ce qui est notamment le cas dans Rêver sous le IIIe Reich. Et il apparait que le rêve le plus répandu est celui du survivant qui se voit de retour au camp :
[le rêve où le survivant se voit de retour au camp] hante indéfiniment les rescapés, mais sert aussi, dans des textes narratifs de fiction, à mettre en scène le traumatisme perpétuel de la Shoah.
p. 240.
Savoirs des rêves
L’essai vise à démontrer que le rêve est le vecteur d’un véritable savoir, à la fois intime et partagé, dont la portée dépasse largement le seul cadre littéraire. L’autrice considère d’abord qu’il y a un savoir sur le rêve, « conservé dans la littérature, c’est-à-dire de théories narratives sur le rêve » ; ensuite, un savoir non purement rationnel sur le monde, façonné sur le mode de l’onirisme et doté d’une forte valeur collective et enfin, un savoir de la littérature, défini comme une modalité esthétique de production de sens par et dans le récit (pp. 15-16).
La dimension collective du rêve apparaît notamment dans la première étude, sur Vercors et Cayrol. En effet, tous deux utilisent des « mythologèmes », tels que définis par Carl Gustav Jung :
c’est-à-dire des motifs mythologiques ou religieux, bibliques […] ou issus de la tradition des danses macabres et de la mythologie des enfers antiques ou dantesques […]. Un élément essentiel des rêves est donc construit à partir des images collectives qu’ils véhiculent et qui se retrouvent « à toutes les époques et dans toutes les zones »
Carl Gustav Jung, « De l’essence des rêves », La Guérison psychologique, Genève, Librairie de l’Université George & Cie, 1953, p. 74, cité par Christiane Solte-Gresser, Raconter l’irréparable ou les rêves de la Shoah, Paris, Hermann, 2026, traduit de l’allemand par Slaven Waelti, p. 38.
Cette dimension collective de l’onirisme est également au cœur du chapitre suivant. En se penchant sur des recueils de rêves réels, consignés sur le vif, l’autrice découvre des thèmes récurrents. Le recueil d’Emil Szittya, notamment, se fait le réceptacle d’angoisses communes, à commencer par la hantise de la perte des siens et révèle également une confusion inconsciente entre les camps opposés (Français et Allemands, résistants et collaborateurs), brouillant ainsi les frontières qui dominent la vie éveillée.
Les rêves font aussi état d’une communauté de souffrance des rescapés qui prend la forme d’une inversion entre rêve et réalité : les rêves des survivants paraissent réalistes, la réalité du retour est perçue comme irréelle. « Pour les rêveuses et les rêveurs, la réalité dans sa ‘normalité’ est devenue inhabitable », explique Christiane Solte-Gresser, et « les lecteurs sont forcés d’accepter l’impossibilité d’un monde où la réalité des camps n’aurait pas existé » (p. 141).
Plus largement, il apparait que le traitement littéraire des rêves de rescapés des camps inverse la perception de l’intime et du partagé : les rêves les plus singuliers et personnels (qui ramènent les rescapés au camp) sont présentés comme collectifs, tandis que les rêves universels de l’après-guerre sont à l’inverse traités comme des expériences profondément intimes et subjectives (p. 189).
Autre forme de savoir collectif des rêves : en « échappant en partie au savoir dominant » (p. 241), les récits de rêves de la Shoah expriment un savoir corporel et intime de l’expérience vécue. Ils apportent une dimension genrée à la mémoire de la catastrophe, investissant des modes d’expression dits féminins.
Sur cette question, voir son article dans un collectif qui interroge précisément l’existence d’une écriture féminine sur la Shoah : Christiane Solte-Gresser, « Charlotte Delbo et Anna Langfus : deux rêveuses face à l’irréparable de la Shoah », dans Aurélie Barjonet et Yona Hanjart Marmor (dir.), Les femmes et la Shoah, Fabula, [en ligne :] https://www.fabula.org/colloques/document14244.php.
Vecteurs de savoir, les rêves de la Shoah expriment aussi un non-savoir, en l’occurrence « en restreignant le champ visuel, en floutant les contours, en se servant d’images évanescentes et de sensations brumeuses, en prononçant des mots inintelligibles, en créant des perceptions trompeuses ou en racontant des événements inexplicables et sans rapport, ils mettent de manière symbolique en évidence les zones d’ombre et les lacunes du savoir sur la Shoah » (p. 248). En cela, entre autres, ils représentent une « parole sans pouvoir » qui « renonce à vouloir s’approprier ou dominer l’événement » (p. 250).
Sarah Kofman, Paroles suffoquées, Paris, Galilée, 1987, p. 16.
De l’usage des rêves dans l’écriture de la Shoah
Le livre revient sur les passages oniriques les plus célèbres de la littérature de la Shoah : ceux de Primo Levi, de Jean Cayrol, de Jorge Semprún, de Charlotte Delbo et d’Anna Langfus. Les lecteurs français découvriront avec profit quantité de textes moins connus, et pour la plupart non traduits en français, comme Träume: Aufzeichnungen aus den Jahren zwischen 1920 und 1960 [Rêves : notes prises entre 1920 et 1960] de Paula Ludwig (1962), le fruit de plus de quarante ans de notation et de stylisation de ses propres rêves qui vient d’être réédité en Allemagne. Christiane Solte Gresser montre que, dans ce recueil d’une opposante au régime nazi, les rêves sont souvent racontés comme des contes mais n’en disent pas moins la persécution. Ainsi « ils mettent souvent en scène la distance entre des victimes anonymes et une instance observatrice, assistant aux sévices sans intervenir ». La pièce radiophonique Les Rêves maudits (1950) utilise le rêve tout autrement ! Elle fait se succéder cinq récits de cauchemars disant sans dire l’extermination des Juifs d’Europe. Christiane Solte-Gresser montre que cette pièce écrite par Günter Eich, dont le passé au regard du nazisme est a minima problématique, refoule le passé et la culpabilité, faisant de la Shoah un rêve onirique déshistoricisant et universalisant. Ainsi, dans la pièce d’Eich, « la Shoah constitue manifestement un acte de violence parmi de nombreux autres ayant jalonné le cours de la Deuxième Guerre mondiale » (p. 128). L’on peut aussi s’arrêter sur Jour des morts de Werner Fritsch, une pièce plus récente, construite de manière circulaire autour de trois dates clés, toutes situées le jour de la fête des morts (le 2 novembre) en 1943, 1944 et 1945. S’y racontent les souvenirs et les rêves de Christa, peu avant sa mort, pris dans un tourbillon de violence. Ici, la forme théâtrale semble accentuer la potentialité des rêves en tant qu’« espace de présentification d’une mémoire refoulée, imprononçable et irracontable sous la forme d’une histoire cohérente » (p. 174).
Paula Ludwig, Träume : Aufzeichnungen aus den Jahren zwischen 1920 und 1960, Munich, Langewiesche-Brandt Verlag, 1962 ; Träume : Traumaufzeichnungen und Texte aus dem Nachlass [Rêves : notes sur les rêves et textes issus du fonds d’archives], édité et commenté par Chiara Conterno et Ingrid Fürhapter, Göttingen, Wallstein Verlag, 2024.
Ibid., pp. 200-201.
Günter Eich, Träume, régie : Fritz Schröder-Jahn, musique : Siegfried Franz, diffusé pour la première fois sur Norwestdeutscher Rundfunk Hambourg le 19 avril 1951. Ce texte est traduit en français sous le titre : Les Rêves maudits, traduction de l’allemand par Norbert Triponet, Paris, L’Arche, 1975.
Werner Fritsch, Aller Seelen. Golgotha. Stücke und Materialen, Francfort-sur-le-Main, Suhrkamp, 2000.
L’ouvrage s’inscrit pleinement dans les débats actuels, qu’il s’agisse du supposé indicible de la Shoah, des liens possibles entre mémoire individuelle et mémoire collective, et de l’importance de l’écoute des témoins. À l’issue de cette lecture, l’on comprend mieux pourquoi et surtout comment le rêve est une forme privilégiée de l’écriture du traumatisme et de l’histoire.
Pour citer cet article
Aurélie Barjonet, « Raconter l’irréparable ou les rêves de la Shoah, un livre de Christiane Solte-Gresser », Revue Alarmer, mis en ligne le 12 octobre 2026, https://revue.alarmer.org/raconter-lirreparable-ou-les-reves-de-la-shoah-un-livre-de-christiane-solte-gresser/
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