20.02.26 Je ne suis pas raciste mais… Comment la science nous aide à mieux comprendre et combattre les discriminations, un livre de Keon West

Bien connu, le racisme explicite choque et interpelle. Plus discret et insidieux, le « racisme ordinaire » se manifeste parfois également. C’est au décryptage de celui-ci que s’attelle le livre de Keon West, chercheur en psychologie sociale à la London School of Economics (LSE), en amenant le lecteur à questionner ses propres préjugés et biais.

D’une écriture fluide, l’ouvrage, qui compte quatre parties, s’inscrit dans une optique de vulgarisation de travaux scientifiques, parmi lesquels des études signées Keon West lui-même. Son fil conducteur est la mise à distance dans le questionnement du racisme des ressentis, des discours flottants, des opinions, pour leur substituer une approche scientifique fondée sur l’étude de la réalité des faits. Ainsi, avant toute chose, Keon West expose de façon claire et scientifique l’étude des faits du racisme ordinaire et les expérimentations citées.

Il pose d’emblée que l’observation « d’une corrélation n’implique pas causalité » et que les études fiables nécessitent « des essais contrôlés aléatoires », c’est-à-dire comportant des groupes témoins permettant d’écarter les facteurs de confusion afin de donner une assise scientifique à l’étude d’un phénomène qui peut être happé par les discours du sens commun. Ces présupposés méthodologiques, admis par tout scientifique qui se respecte, sont constantes tout au long de l’ouvrage. Dans le souci de démontrer chaque point abordé, les interprétations des résultats expérimentaux sont étayées par la description systématique des contrôles correspondants. L’ouvrage, paru en anglais sous le titre The Science of Racism: Everything you need to know but probably don’t – yet et traduit quelques mois plus tard en français, mentionne donc de nombreuses études scientifiques préexistantes, chacune faisant l’objet d’une référence bibliographique correspondant à sa publication.

Keon West, Je ne suis pas raciste mais… Comment la science nous aide à mieux comprendre et combattre les discriminations, traduit par Anne-Sophie Homassel, Paris, Belfond, 2025, 368 p.

Le racisme dans nos sociétés occidentales

Les sociétés occidentales en ont-elles fini avec le racisme ? Loin de là, démontre Keon West en détaillant, dans un premier temps, les résultats de nombreuses expériences, menées aux États-Unis pendant plusieurs dizaines d’années, sur la discrimination à l’embauche dont souffrent les personnes de couleur. L’analyse globale de ces expériences, ou méta-analyse, expose la quantification caractérisant les préjugés racistes. Ainsi est démontrée l’incontestable existence du phénomène racistes dans nos sociétés contemporaines.

Plusieurs autres études démontrent la persistance du racisme dans diverses dimensions sociales, faisant apparaître les discriminations raciales comme un maillage de la vie quotidienne de certaines populations, en fonction des assignations liées à la couleur de peau :

– dans le système éducatif (depuis la maternelle jusqu’au doctorat),

– au travail (les personnes de couleur sont perçues comme moins compétentes, perçoivent des rémunérations moindres),

– en amitié ou en amour (partenaires de couleur jugés moins désirables par certains que les personnes blanches),

– vis-à-vis de la police et de la justice (où les préjugés raciaux sur les populations « non blanches » les rendent plus susceptibles d’être contrôlées par la police ou présumées coupables et plus dangereuses que les Blancs),

– dans les systèmes de santé (prise en charge des personnes de couleur plus tardive ou/et incomplète, ratio de prescriptions de dépistage inférieurs par rapport aux Blancs).

Toutes les études évoquées montrent que, dans les sociétés à population majoritairement blanche, les préjugés raciaux sont constants dès le plus jeune âge, et dans tous les domaines de la vie.

S’ajoute à ce racisme ordinaire le racisme dit systémique ou institutionnel. L’auteur en donne plusieurs exemples : aux États-Unis, les lois sur l’immigration et celles concernant les procédures d’inscription sur les listes électorales pour les populations non blanches, ou les lois discriminant les coupes de cheveux « afro » en Grande-Bretagne. L’ouvrage aurait gagné à comparer ces exemples de racisme systémique aux autres pays européens, à questionner le racisme institutionnel dans ces pays.

Les préjugés inconscients, implicites et explicites

Malgré l’imprégnation de nos sociétés occidentales par les discriminations raciales, la grande majorité des personnes impliquées ne se s’identifient pas comme racistes. Un paradoxe auquel Keon West consacre un chapitre entier.

Si les préjugés explicites revendiqués (« je n’aime pas les Noirs ») sont rares, les préjugés cachés inavoués, ou préjugés implicites, sont largement responsables du racisme ordinaire. Sont distingués les préjugés implicites totalement inconscients, très minoritaires, des préjugés partiellement conscients mais qu’on a du mal à s’avouer. Parler uniquement de préjugés inconscients conduit à déculpabiliser les personnes et à occulter ainsi la plus grande partie des préjugés implicites, souligne l’auteur. Et de relever que de très nombreux préjugés implicites, correspondant en fait à des préjugés parfaitement conscients, sont masqués par des tromperies ou des mensonges les rendant difficilement repérables.

Pareil racisme ordinaire peut résulter de la culpabilisation des victimes elles-mêmes. Ainsi, les statistiques des populations carcérales en Grande-Bretagne, rapportées à leurs poids respectifs dans la population générale, affichent une plus grande proportion de Noirs emprisonnés que de Blancs, ce qui semble démontrer la dangerosité des Noirs. Pourtant la proportion de personnes emprisonnées blanches ou noires (entre 0,1 % et 0,44 %) reste très minime lorsqu’on rapporte ces chiffres à la population dans son ensemble. De même, l’analyse des contrôles routiers effectués par la police de Californie en 2019 montre que les Noirs sont deux fois plus contrôlés que les Blancs, d’une part, alors que, d’autre part, les contrôles de personnes noires sont moins susceptibles d’aboutir à une arrestation que ceux de personnes blanches. Les personnes noires apparaissent comme culpabilisées a priori, et souffrent de discriminations pour leur couleur de peau, quand bien même la méthode scientifique démontre qu’elles ne sont nullement plus « dangereuses » ou « violentes » que les personnes blanches.

L’auteur traite ensuite du racisme aversif ou conflictuel, autrement dit d’« une forme de discrimination caractérisant les pensées, les sentiments et les comportements de [personnes blanches] bien intentionnées et apparemment dénuées de préjugés ». Pour des personnes convaincues de ne pas être racistes, des discriminations selon des préjugés raciaux sont néanmoins révélées lorsqu’elles sont confrontées à des conditions ambiguës. Afin d’expliciter cette notion, deux études expérimentales sont prises en exemple :

– la discrimination à l’embauche, avec des CV de personnes blanches ou de personnes noires présentant des degrés de compétences variables : à compétence faible équivalente – condition potentiellement ambiguë – les CV de Blancs sont mieux considérés que ceux des Noirs ;

– les discriminations dans une affaire de justice : dans ce dernier exemple, l’auteur traite des cas d’accusation de crime d’un Blanc ou d’un Noir. Lorsque les preuves ADN étaient manifestes (ADN d’un Blanc ou ADN d’un Noir), il n’y avait pas de discrimination ; en revanche, lorsque l’analyse ADN pouvait laisser croire à une certaine couleur de peau mais sans certitude, alors le bénéfice du doute profitait à la personne supposée blanche alors que la personne supposée noire était jugée coupable. Quand les preuves sont indiscutables, il n’y a pas de discrimination mais, dès lors que le doute s’instaure dans une affaire, alors la discrimination en fonction de la couleur de la peau se révèle. Ce racisme aversif permet ainsi de se donner bonne conscience car plus invisible dans sa mécanique que le racisme explicite.

La couleur de peau est contrôlée par de nombreux gènes présentant des variants qui signent une origine géographique commune. Pour un gène donné, un variant favorise une peau noire alors qu’un autre favorise une peau blanche, la couleur de peau d’une personne est la résultante des différents variants qu’elle porte sur tous ses gènes. On parle de signature génétique « blanche » ou « noire ». Mais ces variants ne signent pas une race, car l’ADN de ces mêmes personnes portera par ailleurs sur d’autres gènes des signatures d’origines géographiques différentes. Lorsqu’on analyse l’ADN d’un individu, si tous les variants trouvés vont dans le même sens, il n’y a pas d’ambiguïté. Autrement, la couleur de peau peut être ambiguë sur la simple analyse de l’ADN.

Sont ensuite examinées les limites sémantiques de la discrimination en tant qu’outils culturels permettant de trancher entre discrimination avérée et acte sans conséquence. L’auteur pousse le lecteur à se questionner sur sa propre position par rapport à ces limites sémantiques. De la sorte, il nous invite à identifier les préjugés racistes sous-tendant des actes qui, en se présentant sous la forme de blagues ethniques ou encore des moqueries d’accents étrangers, peuvent passer pour anodins. Il bouscule ainsi nos aprioris sur ces situations ambiguës et démontre qu’il nous arrive de faire fluctuer le seuil que nous attribuons à ces limites, pour mieux nous dédouaner nous-mêmes de préjugés racistes.

Le lecteur est ainsi interpellé à travers tout ce chapitre, jusqu’à sa conclusion évocatrice : « il devient au fond quasiment impossible pour qui que ce soit dans notre société contemporaine d’être lucide sur son propre degré de racisme ».

La complexité du racisme

Keon West pose la question de la signification d’actes relevant du « racisme inversé » (préjugés de personnes noires envers des personnes blanches par exemple). Même si certaines personnes noires peuvent exprimer des préjugés contre des personnes blanches, l’impact de ces préjugés reste très limité dans nos sociétés occidentales : le pouvoir sociétal, autrement dit les règles et lois qui régissent nos sociétés, caractérisé par le racisme institutionnel et systémique envers les personnes de couleur, confère de multiples privilèges aux personnes blanches. Le poids de l’Histoire et de ces privilèges présents dans la vie quotidienne favorisant les personnes blanches forge un contexte où le racisme inversé individuel, proféré par une personne noire, et le racisme ordinaire institutionnel, subi par les personnes de couleur, sont pleinement dissociés.

Est ensuite démontrée l’existence d’une hiérarchie dans les préférences raciales, certaines minorités étant traitées plus négativement que d’autres. Par exemple, les études scientifiques aux États-Unis font systématiquement apparaître une même hiérarchie : « les Blancs ouvrent la marche, les Latinos suivent et les Noirs arrivent bon derniers ». Néanmoins, cet état de fait est largement nuancé par le contexte. En effet, la hiérarchie qui ressort des études présente des nuances en fonction, principalement, du type de préjugé racial investigué et du pays interrogé. Ainsi, si l’on s’intéresse aux relations sentimentales, les Noirs sont mieux traités que les Asiatiques de l’Est, à l’inverse de ce qui concerne la discrimination à l’embauche. Ou encore, « les préjugés raciaux des Britanniques touchent surtout les minorités sud-asiatiques et africaines-caribéennes, tandis que ceux des Français visent principalement la communauté d’Afrique du Nord ». Ainsi, il intègre dans sa démarche la complexité des formes d’expression du racisme en fonction des contextes socio-historiques. Et de rappeler, études à l’appui, que les préjugés favorables aux Blancs dans les sociétés occidentales proviennent de l’intériorisation et d’une certaine forme de socialisation, dès l’enfance, à l’idéologie de la supériorité blanche héritée des derniers siècles, particulièrement de la période de l’esclavage.

En questionnant ces « complexités du racisme », l’occasion est toute trouvée de rappeler une vérité bien connue des généticiens : « la race n’est pas une construction biologique, c’est une construction sociale ». Parler de personne blanche n’a aucun sens en termes de biologie : quelle que soit l’origine géographique ou ethnique d’un Homo Sapiens, son génome sera toujours une mosaïque génétique résultant de métissages multiples. De ceci découle directement le paradoxe suivant : quoique le gouvernement fédéral américain classe dans la catégorie « personne blanche » les Iraniens, les Libanais ou encore les Égyptiens, ils n’en souffrent pas moins de racisme ordinaire.

Enfin, l’auteur analyse les préjugés raciaux entre minorités ethniques elles-mêmes. En effet, les préjugés ne sont pas l’apanage des Blancs, de nombreuses études aux États-Unis démontrant des préjugés anti-Noirs de la part de minorités asiatiques et réciproquement. L’auteur élargit son propos en présentant les études menées dans les pays africains sur le racisme anti-Indiens et à l’inverse, sur le racisme anti-Noirs en Inde. Ces données permettent à l’auteur de définir le racisme comme « étant une combinaison de préjugés et de pouvoir ». Ainsi, en Ouganda, les préjugés anti-Indiens seront qualifiés de racistes, et réciproquement en Inde les préjugés anti-Noirs. Dans les sociétés occidentales, les Blancs, qui détiennent l’essentiel du pouvoir, peuvent être la cible de préjugés de part d’individus ou de groupes appartenant à des minorités, mais ceci ne constitue pas à proprement parler du racisme.

L’auteur termine cette partie par une note positive qui contrebalance un tant soit peu le pessimisme que pourrait refléter la lecture de ce livre. Il rappelle qu’il existe de nombreux exemples d’interactions positives entre minorités, autrement dit des épisodes de tolérance et de coexistence sans heurts, et des situations révélant des attitudes positives de la part des Blancs envers les minorités. Mais était-il bien utile de mentionner cela dans un ouvrage entendant approcher scientifiquement le racisme ?

Comment combattre le racisme

Si la science nous apprend à reconnaître et débusquer le racisme, comment peut-elle nous permettre de le combattre ? Tel est l’objet de la dernière partie de l’ouvrage, qui questionne différentes attitudes et démarches antiracistes.

Daltonisme racial et formation à la diversité en entreprise : une efficacité contestée

L’auteur fait ainsi le procès du « daltonisme racial », c’est-à-dire du fait de se comporter comme si les groupes ethniques n’avaient pas d’importance, ou comme si les catégories raciales qui avaient été démantelées par les sciences avaient disparu des rapports sociaux. Selon lui, le daltonisme racial rejoint l’idée simple à laquelle la majorité des gens (90 % selon des études citées par l’auteur) adhère spontanément, selon laquelle « le refus de considérer la race est une bonne chose ». Les études évoquées par Keon West montrent que le daltonisme racial ne diminue pas le racisme, rendant au contraire plus raciste. Les personnes présentant un daltonisme racial prononcé se caractérisent, en réalité, par un plus grand nombre de préjugés raciaux implicites. Elles sont moins à même de reconnaître les comportements racistes et peuvent avoir une perception négative de la parole antiraciste. Une conclusion majeure de ces études est que, même s’il part de bonnes intentions, le daltonisme racial invisibilise le racisme et ne remet pas en cause dans les faits les multiples discriminations observables dans nos sociétés occidentales, qui avantagent de facto les Blancs. L’idée selon laquelle la neutralité raciale « nous rend le monde plus confortable sans rien y changer. Elle ne s’attaque pas au racisme, elle nous aide à ne pas le voir », donne à réfléchir.

Dans un autre registre, les formations aux préjugés inconscients et autres programmes de diversité en entreprise sont-elles un tant soit peu efficace ? Les études sur le sujet révèlent que seules les formations sur la diversité dispensées sur un principe de participation volontaire aboutissaient effectivement à une plus grande diversité de l’encadrement,là où les formations obligatoires n’ont aucun effet positif, entraînant même parfois des effets négatifs consistant à induire une diversion qui minimise la suprématie blanche et entretient l’innocence des Blancs dans l’entreprise. De même, une formation à la diversité qui se contenterait de présenter les préjugés implicites présents dans la société ne fait que renforcer les sentiments de culpabilité, sans diminuer le racisme en lui-même. Au vu, notamment, de l’absence de réglementation du métier de consultant en diversité, ces formations appliquées isolément, sans être accompagnées d’une stratégie réelle de réduction des préjugés, s’avèrent inutiles voire contre-productives.

Il est toutefois des méthodes qui ont fait leurs preuves dans la lutte contre le racisme, que Keon West détaille, loin de toute posture purement pessimiste.

Les contacts intergroupes

Les interactions entre groupes ethniques distincts font-elles baisser le racisme ? Les politiques de ségrégation raciale, qui réduisent fortement ces interactions, en apportent la preuve a contrario, puisque les études menées à leur sujet montrent qu‘elles engendraient un racisme important. La persistance de nos jours de « ghettos » urbains dans nos sociétés, un peu plus visibles en Amérique que dans les pays européens, aurait sans doute mérité d’être mentionnée à cette occasion.

À l’inverse, les contacts intergroupes induisent de façon constante des préjugés raciaux moindres, comme démontré dès les premières études scientifiques, menées en 1969. Cela s’est vérifié même dans des contextes difficiles comme l’a montré une étude menée en 2015 en Israël auprès d’enfants juifs et palestiniens. En outre, plus les préjugés de départ sont prononcés, plus ils sont efficacement réduits par les contacts intergroupes. Cela vient souligner à quel point les formes de segmentation du social renforcent la production des préjugés sur cet Autre que l’on fantasme sans avoir de contacts avec lui.

L’éducation

Le racisme n’est sûrement pas l’apanage de personnes incultes ou peu éduquées, au contraire des gens cultivés qui en seraient exempts, rappelle à toutes fins utiles Keon West. Ainsi, « les gens feignent souvent de croire que le racisme c’est en d’autres temps, en d’autres lieux et chez d’autres gens », simplification abusive et dangereuse.

Néanmoins, les études montrent que, statistiquement, les aptitudes cognitives des individus mesurées dans leur enfance sont corrélées à leur niveau de racisme à l’âge adulte. Logiquement, plus le niveau d’éducation est élevé, plus les stéréotypes raciaux négatifs sont rejetés. Il a été montré qu’enseigner l’histoire du racisme aux Blancs peut améliorer leur connaissance et leur sensibilité aux manifestations du racisme actuel. Un chapitre convaincant à bien des égards, qui laisse néanmoins de côté le phénomène, bien réel, du racisme revendiqué par certaines personnes ayant un niveau d’éducation poussé.

Les médias

L’auteur constate la sous-représentation manifeste et négative, dans les sociétés occidentales, des minorités ethniques, dans la littérature pour la jeunesse comme dans les émissions d’information à la télévision. Cela induit des préjugés raciaux, des préjugés qu’une éducation au décryptage des médias peut toutefois aider à amoindrir, là encore d’après des études.

Concernant ce chapitre, on peut se poser la question de l’influence qui est réellement celle de ces médias traditionnels aujourd’hui, au vu de l’importance actuelle des réseaux sociaux et autres « youtubeurs » et influenceurs. Va-t-on vers une plus grande diversification de l’information, susceptible de faire baisser les préjugés, ou au contraire vers une dilution/déconnection/distorsion de la réalité induite par l’apparition de fake news polluant l’information brute ?

Cependant, bien que les contacts intergroupes, l’éducation et l’amélioration du régime médiatique contribuent à la réduction des comportements racistes, de nombreuses études montrent que leur impact reste fortement limité par le racisme systémique. Le chapitre final rappelle par conséquent l’importance du pouvoir dans le racisme systémique. L’exemple de la discrimination positive et de mesures d’objectifs clairs de diversité dans l’entreprise démontre l’efficacité de la lutte contre le racisme systémique.

Conclusion

Indéniablement, l’ouvrage Je ne suis pas raciste mais… démontre, s’il le fallait encore, la réalité du racisme dans le monde contemporain et invite chacun à se questionner sur ses attitudes et réactions. Il aurait été intéressant d’avoir l’analyse de l’auteur sur le fait que, dans les vingt dernières années, certains hommes politiques issus de minorités ont été élus par une majorité de Blancs, comme Barack Obama aux États-Unis, le musulman Sadiq Khan à la mairie de Londres ou, après la parution du livre, son coreligionnaire Zohran Mamdani à celle de New York. S’agit-il d’un épiphénomène sans lendemain, ou bien d’une véritable avancée antiraciste ?

Ces quelques questions que soulève la lecture du travail de Keon West sont moins des indicateurs de faiblesses dans sa réflexion que des opportunités de prolonger celles-ci. Ce textereprésente une contribution stimulante à la compréhension, par un large public, du racisme contemporain. Un ouvrage donc à lire et à discuter dans le contexte actuel.

Relu par Mustapha El Miri, maître de conférences en sociologie à l’université d’Aix-Marseille.

Pour citer cet article

Bernard Binétruy, « Je ne suis pas raciste mais… Comment la science nous aide à mieux comprendre et combattre les discriminations, un livre de Keon West », RevueAlarmer, mis en ligne le 20 février 2026, https://revue.alarmer.org/je-ne-suis-pas-raciste-mais-un-livre-de-keon-west/

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