24.03.26 Le village de Bamboula, un zoo humain dans la France de 1994

13 avril 1994. Alors que vient de débuter le génocide des Tutsi au Rwanda, le parc zoologique Safari Africain, situé dans la commune française de Port-Saint-Père, près de Nantes, accueille le Premier ministre ivoirien Daniel Kablan Duncan et son ministre de l’Environnement et du Tourisme Lanciné Gon Koulibaly. À quelques centaines de mètres de là, un collectif dénommé « Non à la réserve humaine » manifeste.

En cause ? L’inauguration, dans le parc zoologique, d’un prétendu village ivoirien, nommé « village de Bamboula ». On y entre par une arche portant le logo de la biscuiterie Saint-Michel, flanquée d’une statue géante de Bamboula, mascotte de la marque éponyme de sablés distribuée par l’entreprise.

25 ressortissants de Côte d’Ivoire peuplent l’installation faite de cases d’argile. Leur tâche, pour les six prochains mois, est de conclure le parcours des visiteurs à travers la nature africaine reconstituée dans les Pays de la Loire, en leur montrant des fragments d’une vie quotidienne supposée, faite d’artisanat, de musique et de danse, sous le signe de l’exotisme. Un dispositif rappelant les zoos humains de l’époque coloniale, et largement tombé dans l’oubli. Le sujet a néanmoins parfois été évoqué, depuis, dans différents titres de presse et publications scientifiques consacrées aux zoos humains : autant de sources à l’aide desquelles nous reviendrons ici sur ce bref épisode de la fin du XXe siècle.

« Bamboula » : un mot, une injure, une marque

Étymologiquement, « bamboula » est un dérivé de « kam-bumbulu », signifiant « tambour » dans les langues sarar et bola parlées en Guinée portugaise. Par métonymie, il en vint à désigner, dès le début du XVIIIe siècle, la danse exécutée au son de cet instrument par les colonisés africains avant de renvoyer, plus généralement, à une fête exubérante.

Marie Treps, citée par Léo Pajon, « Bougnoule, bamboula… d’où viennent ces ‘maudits mots’ ? », Jeune Afrique, 21 février 2017, [en ligne :] https://www.jeuneafrique.com/mag/404891/culture/bougnoule-bamboula-dou-viennent-maudits-mots/ (dernière consultation le 23/01/2026)

Georges Méliès, maquette d’affiche : « Paul et Virginie : la bamboula », deuxième tableau, années 1910 – Bibliothèque nationale de France via Wikimedia Commons

Deux cent ans plus tard, lorsque la Première Guerre mondiale mobilise des tirailleurs dits « sénégalais », le terme est désormais associé à une « imagerie alliant sauvagerie, cannibalisme, sexualité animale et rire, naïveté enfantine des soldats noirs ». Apparaissant dans des caricatures publiées dans L’Illustration, il finit par désigner ces tirailleurs eux-mêmes, comme autant de grands enfants à civiliser, devenant progressivement, de glissement de sens en glissement de sens, une injure raciste.

Ibid.

Si, dans les rangs allemands où on parle de « honte noire » pour discréditer les armées françaises alignant ces tirailleurs à la peau noire, censés représenter un danger d’ordre sexuel pour les femmes comme pour les hommes, ils apparaissent en France comme courageux mais simplets. Ils inspirent notamment, en 1915, une mascotte à la marque de boissons chocolatées Banania, au slogan « Y’a bon », évoquant autant la bonhomie qu’une mauvaise maîtrise du français par ces militaires africains.

Sans reprendre à son compte une telle dénomination, la marque Banania constitue un premier épisode marquant du recours commercial à des stéréotypes racistes et coloniaux, associés à ceux qu’on nommait « bamboula ». L’industrie française du chocolat s’en saisit ensuite, tout au long du siècle, jouant sans grande subtilité de la couleur de peau des Subsahariens. Ainsi de la marque Papou et de ses biscuits commercialisés à grand renfort de publicité télévisée dans les années 1970 et, la décennie suivante, de la biscuiterie Saint-Michel qui, elle, n’hésite pas à nommer « Bamboula » ses sablés nappés de chocolat.

Les années récré, « Pub : Papou (1980) », YouTube, 0’29, [en ligne :] https://www.youtube.com/watch?v=rXGr2Vonziw (dernière consultation le 23/01/2026)

Entendant se faire une place dès 1987 sur le marché des goûters chocolatés, l’entreprise située à Saint-Michel-Chef-Chef s’est dotée deux ans plus tôt d’une mascotte du même nom, Bamboula. Il s’agit d’un petit garçon à la peau noire au dessin calqué sur celui du personnage animé de Betty Boop, dont la robe est troquée contre une peau de bête et un béret basque au motif léopard. Vivant à « Bambouland », le jeune Bamboula voit son quotidien rythmé par des attaques de bêtes sauvages et de cannibales, comme le montrent les publicités mais aussi les bandes dessinées, autocollants, figurines, vinyles 45 tours, pin’s, tirelires et service Minitel « 3615 Bamboula », autant de produits dérivés développant en chœur cet univers entre la fin des années 1980 et le début des années 1990.

L’Alsace, « Oui, les biscuits et le zoo humain ‘Bamboula’ ont existé », L’Alsace, 10 février 2017, [en ligne :] https://www.lalsace.fr/actualite/2017/02/10/oui-les-biscuits-et-le-zoo-humain-bamboula-ont-existe (dernière consultation le 23/01/2026) ; la1ere.fr, « Les biscuits ‘Bamboula’ : un précédent industriel », La 1ère / France Info, 3 septembre 2014, [en ligne :] https://la1ere.franceinfo.fr/2014/09/03/les-biscuits-bamboula-un-precedent-industriel-182952.html (dernière consultation le 23/01/2026) ; Olivier Brumelot et Claude Bouchet, « DOCUMENTAIRE : ‘Le village de Bamboula’ : l’indécence pavée de bonnes intentions », France 3 Régions, 26 janvier 2022, [en ligne :] https://france3-regions.franceinfo.fr/pays-de-la-loire/loire-atlantique/documentaire-le-village-de-bamboula-l-indecence-pavee-de-bonnes-intentions-2402041.html (dernière consultation le 23/01/2026)

Publicité 1987 St-Michel Bamboula (Très Dicutable) – Le Publivore, YouTube, 1’09, mis en ligne le 26 septembre 2021.

C’est donc une marque assez populaire qui, en 1992, décide de soutenir le parc zoologique Safari Africain, tout juste ouvert par l’entrepreneur Dany Laurent désireux de développer le tourisme dans le pays de Retz. L’établissement se dote alors de boutiques et de restaurants ouverts par la biscuiterie. Mais Dany Laurent souhaite aller plus loin en ouvrant, en bout de parcours du « safari » proposé aux visiteurs, un village à l’ivoirienne. Dès la fin de l’année 1993, ouvriers et matériaux de construction arrivent de Côte d’Ivoire en vue de la construction de cases inspirées « d’un village authentique qui s’appelle Fégéré », explique le directeur du parc, vantant une « première sur le sol français et même européen », réalisée pour « promouvoir le tourisme en Côte d’Ivoire ». Et de préciser que le ministère du Tourisme du pays africain « offre » artisans et artistes au parc zoologique.

Julien Coquelle-Roëhm et Nina Soyez, « Retour au ‘village de Bamboula’: en 1994, un ‘zoo humain’ à prétention touristique », Mediapart, 9 mai 2021, [en ligne :] https://www.mediapart.fr/journal/france/090521/retour-au-village-de-bamboula-en-1994-un-zoo-humain-pretention-touristique (dernière consultation le 23/01/2026)

En effet, les derniers préparatifs ont été négociés début février 1994, en marge des obsèques du président Félix Houphouët-Boigny. Une troupe de musiciens et de danseurs, nommée le Djolem, et des artisans doivent arriver en France dès le mois de mars pour six mois. Les premiers sont tenus de faire la démonstration, six fois par jour, d’une danse traditionnelle nommée N’goron, seins nus, même par 15° C. « Pour danser ça, il ne faut pas avoir les seins qui tombent, ce qui n’était pas notre cas puisque nous avions 13, 14 ou 15 ans », se souvient Edith Lago, l’une de ces danseuses, dans le documentaire  Le village de Bamboula réalisé par Yoann de Montgrand et François Tchernia en 2022. Et d’ajouter : « Ils [le personnel du parc zoologique] ont exporté l’esclavagisme vécu par nos grands-parents sur nous ». Des mineures, séparées de leurs parents restés en Côte d’Ivoire, participent donc au spectacle que photographient les visiteurs.

Luigy Lacides, « Dans le ‘Village de Bamboula’ sur France 2, retour sur l’enfer d’un zoo humain », Huffington Post, 18 janvier 2022, [en ligne :] https://www.huffingtonpost.fr/entry/dans-le-village-de-bamboula-sur-france-2-retour-sur-lenfer-du-dernier-zoo-humain-de-france_fr_61e67764e4b0c6802eeb20ed (dernière consultation le 23/01/2026)

Un musicien, lui aussi interrogé dans le documentaire, rappelle la confusion ambiante autour de la dénomination du lieu. « C’est arrivé que des gens me demandent s’il y a chez nous un village qui s’appelle Bamboula. Les enfants disaient régulièrement ‘Regarde, c’est un bamboula !’ Mais ça ne nous parlait pas à nous, ça ne nous choquait pas car on ne savait pas ce que ça voulait dire ‘Bamboula’. Je me disais qu’on nous confondait avec une ethnie, une ville ou un pays », dit-il, dans une posture qui rappelle celle des Kanaks racontés par le romancier Didier Daeninckx dans Cannibale. Ceux-là, présentés à l’exposition coloniale de 1931 comme des « Hommes anthropophages de Nouvelle-Calédonie », ignorent le sens du mot « anthropophages ».

Olivier Brumelot et Claude Bouchet, France 3 Régions, op. cit.

Didier Daeninckx, Cannibale, Paris, Magnard, 2001, 144 p., p. 21

Publicité pour le village de Bamboula dans la presse locale – capture d’écran / France 3 Pays de la Loire « Documentaire inédit : Le village de Bamboula [teaser] », YouTube, 1’16, 4 janvier 2022

Une défaillance des pouvoirs publics

Ouvert pendant six mois, le village de Bamboula a bénéficié de l’« autorisation provisoire de travail nécessaire » émise par la direction départementale du travail de Loire-Atlantique, assure en août 1994 le ministre de la Justice Pierre Méhaignerie à la sénatrice Marie-Claude Beaudeau qui lui avait adressé une question écrite sur le sujet – des faits confirmés plus tard dans le documentaire de François Tchernia et Yoann de Montgrand. Pourtant, comme souligné par l’élue PCF, l’établissement contrevient bel et bien aux « lois françaises contre le racisme, sur la protection des mineurs, la législation du travail ».

Marie-Claude Beaudeau, « Atteinte au respect de la dignité humaine dans le parc Safari de Port-Père (Loire-Atlantique) », Sénat, 4 août 1994, [en ligne :] https://www.senat.fr/questions/base/1994/qSEQ940506073.html (dernière consultation le 23/01/2026)

Florian Cazzola, « Port-Saint-Père : ‘Le village de Bamboula’, l’histoire aberrante du dernier ‘zoo humain’ en France », France Bleu, 6 janvier 2022 [en ligne :] https://www.francebleu.fr/infos/societe/port-saint-pere-le-village-de-bamboula-un-documentaire-qui-revient-sur-une-aberration-1641231753 (dernière consultation le 23/01/2026) ; Kate Stent, « Pays de Retz. Après les zoos humains, en 1994, il y eut le ‘village de Bamboula’ », Ouest-France, 4 janvier 2022, [en ligne :] https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/port-saint-pere-44710/pays-de-retz-apres-les-zoos-humains-en-1994-il-y-eut-le-village-de-bamboula-237cede4-6a30-11ec-9da5-9e0945e11e49 (dernière consultation le 23/01/2026)

En effet, les contrats de travail des 25 Ivoiriens du village Bamboula violent pleinement le droit français. Il s’agit de contrats de droit ivoirien, prévoyant des rémunérations en francs CFA, à raison de 120 000 pour les artistes (entre 76 et 182 euros) et de 300 000 (soit 457 euros) pour les artisans – des sommes non pas mensuelles, mais versées pour la période de six mois. Dany Laurent le justifie sans ciller : « Tout le monde est sous l’autorité de l’Organisation internationale du tourisme et de l’hôtellerie (OITH) et de la législation ivoirienne par le biais d’une convention. Ici, c’est le droit ivoirien qui s’applique ». Un état de fait aussitôt contesté par un collectif ad hoc réunissant la section nantaise de la Ligue des droits de l’Homme, le Syndicat national des artistes musiciens-CGT, le GASPROM (Groupe d’Accueil, de Solidarité, de Partage, de Révolte, pour l’Ouverture du Monde et des frontières) et SOS Racisme, sous la bannière « Non à la réserve humaine ». Philippe Gautier, syndicaliste, dénonce : « c’est une innovation sociale : c’est une enclave ! Ce n’est pas le droit français, ni les salaires français, ni la protection sociale française qui vont s’appliquer, c’est la loi ivoirienne ». La validité de facto – car non remise en question par les pouvoirs publics – de ces contrats de travail ivoiriens sur le territoire français permet, selon les historiens Nicolas Bancel et Pascal Blanchard, de parler d’une « subalternité » non seulement « symbolique, matérialisée par le lieu du spectacle » mais aussi « concrète », « instituant clairement une situation de type postcoloniale » et un embryon de marché du travail parallèle.

Julien Coquelle-Roëhm et Nina Soyez, Mediapart, op. cit.

Ibid.

Ibid.

Olivier Brumelot et Claude Bouchet, France 3 Régions, op. cit.

Nicolas Bancel et Pascal Blanchard, « Chapitre 45. La fin des zoos humains », dans Pascal Blanchard, Nicolas Bancel, Gilles Boëtsch et Sandrine Lemaire (dir.), Zoos humains et exhibitions coloniales : 150 ans d’inventions de l’Autre, Paris, La Découverte, 600 p., [en ligne :] https://doi.org/10.3917/dec.blanc.2011.01.0511  (dernière consultation le 23/01/2026)

L’accès de ces travailleurs, mal informés, à leurs droits est également empêché par la confiscation de leurs passeports, leur interdisant d’aller et venir. Cette confiscation fut décidée par le parc en réponse à une crainte émise par la préfecture sur le risque d’immigration clandestine. Les Ivoiriens sont hébergés dans une ancienne ferme au cœur du parc, où des chambres de 12 et de 14 mètres carrés sont respectivement mises à la disposition des six femmes et des huit hommes du Djolem, alors que le droit du travail prescrit un minimum de 6 mètres carrés par personne – seul leur chef, Salif Coulibaly, dispose d’une chambre. Les enfants sont de ceux-là et, en contradiction flagrante avec l’obligation française de scolarisation, ils ne vont pas à l’école.

Olivier Brumelot et Claude Bouchet, France 3 Régions, op. cit.

Julien Coquelle-Roëhm et Nina Soyez, Mediapart, op. cit.

Florian Cazzola, France Bleu, op. cit.

Le collectif « Non à la réserve humaine » interpelle plus d’une fois le département de Loire-Atlantique, qui loue les terres au parc et siège à son conseil de surveillance : celui-ci, de même que le maire de Nantes Jean-Marc Ayrault, ne réagissent jamais, selon Mediapart qui indique, en 2021, avoir contacté ce dernier sans succès.

Julien Coquelle-Roëhm et Nina Soyez, Mediapart, op. cit.

S’il arrive que des caméras et des journalistes viennent et interrogent les membres du village de Bamboula, seul le chef Salif Coulibaly leur répond, assurant « Aucun de nous ici n’est malheureux, ni exploité ». La loi du silence règne dans le village de Bamboula.

Ibid.

Une fin de partie en demi-teinte

Le collectif « Non à la réserve humaine » ayant assigné le parc en référé devant la justice, la direction accepte des concessions en échange du retrait du référé. Le personnel ivoirien doit désormais être payé au SMIC et recouvrer ses passeports, et les enfants recevoir la visite d’une institutrice.

En pratique, peu de choses changent. Les frais de nourriture et d’hébergement sont désormais déduits du salaire perçu par les Ivoiriens, l’enseignante ne vient que quelques heures le matin et pendant un mois seulement, et les papiers d’identité sont stockés dans la chambre du chef de troupe, qui n’y ferait entrer que les jeunes femmes avec qui il voudrait passer la nuit.

Ibid.

Justine Reix, « Le village de Bamboula : le parc où on payait pour voir des noirs », Vice, 21 janvier 2022, [en ligne :] https://www.vice.com/fr/article/le-village-de-bamboula-le-parc-ou-on-payait-pour-voir-des-noirs/ (dernière consultation le 23/01/2026) ; Nicolas Mollé (propos recueillis par), « SNAM-CGT : ‘Il y a eu un pacte du silence autour du ‘village de Bamboula’’ », LaScène.com, vers 2022, [en ligne :] https://www.lascene.com/infoscenes/snam-cgt-pacte-silence-autour-village-bamboula (dernière consultation le 23/01/2026) ; Luigy Lacides, Huffington Post, op. cit.

Une seconde action en justice est donc déclenchée en juillet 1994, aboutissant à la nomination d’un inspecteur du travail tenu d’avoir accès à tous les documents liés au séjour des Ivoiriens. En réaction, la direction du parc fait quitter précipitamment les lieux – et le pays – à ces derniers, juste avant l’arrivée de l’expert le 14 septembre. Contrairement à ce qui était prévu, ils ne reviennent pas à la saison suivante, marquant la fin prématurée du village de Bamboula.

Installations du village de Kirikou, qui a remplacé le village de Bamboula au sein du parc Safari Africain, rebaptisé Planète sauvage, en 2018 – Geroges Seguin (Okki) via Wikimedia Commons

En juillet 1997, soit trois ans après les faits, le tribunal de grande instance de Nantes reconnaît l’atteinte à la dignité humaine. Le Safari Africain est condamné, pour ses violations du droit du travail et de droits aussi fondamentaux que celui d’aller et venir, au préjudice des « contractants ivoiriens », à 4000 francs de dommages et intérêts pour les frais de justice… et à un franc symbolique aux cinq associations.

Olivier Brumelot et Claude Bouchet, France 3 Régions, op. cit.; Luigy Lacides, Huffington Post, op. cit.

Ibid. ; Julien Coquelle-Roëhm et Nina Soyez, Mediapart, op. cit.

Le village de Bamboula dans l’histoire longue des zoos humains

Régulièrement présents devant l’entrée du parc zoologique, les membres du collectif « Non à la réserve humaine » y distribuent des tracts comparant le village de Bamboula à l’exposition coloniale de Lyon de 1894 et à ses « villages nègres ». Peut-on leur donner tort ?

Ibid.

Nicolas Bancel et Pascal Blanchard ne disent pas autre chose lorsque, dans le dernier chapitre de l’imposante synthèse Zoos humains et expositions coloniales : 150 ans d’inventions de l’Autre, ils citent le village de Bamboula, « structuré sur une scénographie reproduisant le modèle du ‘village nègre’, avec artisanat à vendre et attractions renouvelées périodiquement, [qui] pose bien sûr la question de la forme, si proche ici du spectacle ethnique ». Les publicités pour le village de Bamboula dans la presse locale, faite de photos où apparaissent des jeunes filles aux seins nus, rappellent clairement les motifs des affiches vues à Lyon exactement un siècle plus tôt, où exotisme et érotisme s’entremêlaient. Alors que Dany Laurent qualifiait le village de Bamboula de « première », il semble au contraire s’insérer dans une histoire assez ancienne. Entre autres, la mise en valeur de la danse exécutée par ces jeunes filles, le N’goron, en réalité originaire d’une petite région de Côte d’Ivoire, pays riche en danses diverses, permet de parler – dans la lignée des travaux de l’historien Herman Lebovics – d’un « simulacre », d’une « représentation léchée d’un monde tropical qui n’existait pas », dans la lignée de précédentes inventions de traditions culturelles locales par les administrateurs français.

Nicolas Bancel et Pascal Blanchard, op. cit., pp. 521-522

Pascal Blanchard, « Regards sur l’affiche : des zoos humains aux expositions coloniales », Corps, 2008/1, n°4, 128 p., pp. 111-128, [en ligne :] https://doi.org/10.3917/corp.004.0111 (dernière consultation le 23/01/2026)
; Le Parisien, « ‘On m’a dit fait saga Bamboula’ : c’est l’histoire du gâteau star de la fin des années 80, YouTube, 22’58, 20 octobre 2024, [en ligne :] https://www.youtube.com/watch?v=Bblw-ykZxUw (dernière consultation le 23/01/2026)

Catherine Hodeir, « 16. Les exhibitions humaines dans les expositions universelles : entre catégorisation scientifique et exotisme ? World’s Columbian Exposition, Chicago, 1893 », dans Nicolas Bancel, Thomas David et Dominic Thomas (dir.), L’Invention de la race : Des représentations scientifiques aux exhibitions populaires, Paris, La Découverte, 2014, pp. 247-259

Herman Lebovics, « Donner à voir l’Empire colonial. L’Exposition coloniale internationale de Paris en 1931 », Gradhiva : revue d’histoire et d’archives de l’anthropologie, Paris, Éditions Jean-Michel Place, 1989, n° 7, pp. 18-28

Plus généralement, il est difficile de ne pas voir la parenté du village de Bamboula avec les expositions coloniales, organisées à la fin du XIXe et au début du XXe siècles afin de légitimer la colonisation. Pourtant, en 1994, l’empire colonial français n’existe plus, et le village de Bamboula est le résultat d’une initiative émanant conjointement de structures privées en France et d’institutions publiques ivoiriennes, donc loin a priori du rapport de dominant à dominé exercé par une métropole vis-à-vis de ses colonies – bien que des entrepreneurs privés aient régulièrement été impliqués dans de précédentes expositions coloniales. La France et la Côte d’Ivoire ne sont plus une métropole et sa colonie et il ne s’agit plus, contrairement à la logique de l’Exposition coloniale de 1931, de présenter « une grande leçon d’action réalisatrice, un foyer d’enseignement pratique, une sorte d’« office du travail colonial », mais plutôt une « exposition foraine ». De même, là où l’Exposition coloniale prétendait permettre aux visiteurs métropolitains de faire « le tour du monde en quatre jours », de leur faire découvrir les colonies en restant sur le sol français, sans avoir à s’y rendre, le village de Bamboula est compris par les autorités ivoiriennes contractantes comme un moyen de favoriser le tourisme dans leur pays. Néanmoins, si on ne prétend plus montrer des indigènes que la métropole aurait civilisés, force est de constater que le « discours fondateur des zoos humains, le différentialisme raciste », est quant à lui bien présent. L’Autre n’y est plus forcément « indigénisé » dans la mesure où ce statut n’a plus d’existence légale, mais il est toujours folklorisé et ensauvagé.

Charline Zeitoun, « À l’époque des zoos humains », CNRS Le journal, Paris, CNRS, 28 août 2015, [en ligne :] https://lejournal.cnrs.fr/articles/a-lepoque-des-zoos-humains (dernière consultation le 23/01/2026)

Catherine Hodeir, op. cit., p. 253

Charles-Robert Ageron, De « l’Algérie française » à l’Algérie algérienne, Saint-Denis, Éditions Bouchêne, 2005, p. 372

Ibid., p. 377

Nicolas Bancel, Pascal Blanchard, Gilles Boëtsch, Éric Deroo et Sandrine Lemaire, « Introduction : Zoos humains : entre mythes et réalités », dans Nicolas Bancel, Pascal Blanchard, Gilles Boëtsch, Éric Deroo et Sandrine Lemaire (dir.), Zoos humains : Au temps des exhibitions humaines, Paris, La Découverte, 2004, 490 p., pp. 5-18, [en ligne :] https://doi.org/10.3917/dec.bance.2004.01.0005  (dernière consultation le 23/01/2026)

Catherine Hodeir, op. cit., p. 250

« Village noir » à l’exposition internationale de Nantes en 1904 – auteur inconnu, Archives de Nantes, domaine public via Wikimedia Commons

Relevons que la notion de « zoo humain » est plus tardive que le village de Bamboula, ayant été employée en 2000 par Nicolas Bancel, Pascal Blanchard et Sandrine Lemaire dans Le Monde diplomatique avant la publication, deux ans plus tard, d’un premier ouvrage consacré à la question, Zoos humains : de la Vénus hottentote aux reality shows.

Nicolas Bancel, Pascal Blanchard, Sandrine Lemaire, « Ces zoos humains de la République coloniale », Le Monde diplomatique, août 2000, pp. 16-17, [en ligne :] https://www.monde-diplomatique.fr/2000/08/BANCEL/1944 (dernière consultation le 23/01/2026)

Nicolas Bancel, Pascal Blanchard, Gilles Boëtsch, Éric Deroo, Sandrine Lemaire (dir.), Zoos humains : de la Vénus hottentote aux reality shows, Paris, La Découverte, 480 p.

« Les zoos humains se trouvent de toute évidence au confluent de l’objectivation scientifique de la hiérarchie raciale et d’un racisme populaire, tous deux portés par l’expansion coloniale », y écrivent-ils. Le village de Bamboula ne s’inscrivant plus aussi explicitement dans une optique de vulgarisation scientifique du racisme colonial, prétendant uniquement être un spectacle populaire, sa ressemblance avec les zoos humains qui l’ont précédé est d’autant plus révélatrice. Visiblement, pour la biscuiterie Saint-Michel et Dany Laurent d’une part et le gouvernement ivoirien d’autre part, la fin – favoriser le tourisme respectivement en Loire-Atlantique et en Côte d’Ivoire – justifie les moyens – reproduire des schémas racistes séculaires visant ses propres ressortissants, jusqu’alors mis en œuvre par des métropoles. Cet état de fait paradoxal semble témoigner de la persistance des schémas issus des zoos humains et du caractère désormais ordinaire de ce racisme.

Pascal Blanchard, Nicolas Bancel et Sandrine Lemaire, « 6. Les zoos humains : le passage d’un ‘racisme scientifique’ vers un ‘racisme populaire et colonial’ en Occident », ibid., pp. 63-71, [en ligne :] https://doi.org/10.3917/dec.bance.2004.01.0063 (dernière consultation le 23/01/2026)

Un racisme visiblement intériorisé ou du moins toléré par les décideurs ivoiriens et, à l’origine, par les musiciens et danseurs du Djolem et par les artisans qui ont selon toute vraisemblance, dans un premier temps, consenti à participer au village de Bamboula. Comme le résumait l’anthropologue Claude Blanckaert dans une recension critique, certaines contributions de l’ouvrage pionnier Zoos humains, dont l’une signée par l’ethnologue Hilke Thode-Arora, mettaient en avant l’économie à l’œuvre : « L’indigène [exposé au zoo humain] est en général un comédien professionnel, ses prestations sont rémunérées. Il vend son image, son costume ou ses savoir-faire – de musicien, de charmeur de serpents, de lutteur ou de cuisinier. Il signe contrat et l’embauche varie considérablement selon le profit escompté du promoteur de spectacle ou de son client. Dans ce cas, le contrat est peut-être trompeur. Mais il n’est pas sans bénéfice mutuel […] ». Des rappels qui semblent bel et bien s’appliquer dans le cas du Djolem, dont l’un des membres retrouvés par Mediapart, un certain Lassina, indique : « Comme tout groupe en Afrique, quand on nous a dit qu’on allait venir en France, on était tous contents ». Avant une désillusion : « Certains jours, c’était dur. Parfois, quand on finissait, on passait les mains sous l’eau tiède et on frottait avec du beurre de karité. Et puis au tout début, il faisait froid. On avait tellement mal qu’il nous est arrivé de prendre des baguettes pour jouer ». Et d’ajouter : « [le chef de troupe] et Dany Laurent nous avaient prévenus que si l’on ne disait pas que tout allait bien, si on se plaignait, on nous renverrait au pays ».

Claude Blanckaert, « Spectacles ethniques et culture de masse au temps des colonies », Revue d’Histoire des Sciences Humaines, Auxerre, Éditions Sciences Humaines, 2002/2, n°7, 232 p., pp. 223-232, p. 226, [en ligne :] https://doi.org/10.3917/rhsh.007.0223 (dernière consultation le 23/01/2026)

Julien Coquelle-Roëhm et Nina Soyez, Mediapart, op. cit.

Dans cette optique et au vu de la diversité géographique, sociale et économique du phénomène, Claude Blanckaert préférait le terme « show ethnique » à celui de « zoo humain », qu’il estimait « extrapolé », emprunté « au raccourci journalistique et à [la] société du spectacle ». Néanmoins, le village de Bamboula est, lui, d’autant plus assimilable à un zoo humain stricto sensu qu’il est physiquement implanté dans un parc zoologique, dans une installation qui exposait déjà des animaux avant l’arrivée des Ivoiriens – et qui continue à en exposer par la suite. En 1994, Safari Africain juxtaposa bel et bien animaux et Ivoiriens. Comme un rappel, écrit l’historien Philippe Le Doze, que « l’anthropocentrisme spéciste et l’ethnocentrisme raciste marchent parfois de conserve ». Leur intégration à un parcours de visite présenté comme un safari les place sur le même plan que les animaux, comme le relève déjà une visiteuse interrogée en 1994 : « moi quand je vois ça, j’ai un peu l’impression de voir les derniers animaux du parc, c’est mal présenté ». Le fait que, en cas de maladie, les Ivoiriens soient pris en charge par les vétérinaires du zoo, est révélateur du degré d’animalisation de ces personnes, jusque dans leur santé.

Claude Blanckaert, op. cit.

Le parc zoologique existe encore aujourd’hui, sous le nom de « Planète sauvage ». Le village de Bamboula est devenu « le vilage de Kirikou » : reptiles et oiseaux ont remplacé les humains dans les cases.

Philippe Le Doze, « L’histoire en écho. Ce que les ‘chasses’ romaines et les ‘zoos humains’ disent de nos mécanismes de pensée », Revue historique, Paris, Presses Universitaires de France, 2024/2, n°710, 387 p., pp. 325-351, [en ligne :] https://doi.org/10.3917/rhis.242.0325 (dernière consultation le 23/01/2026)

Le Parisien, op. cit.

Pauline Conradsson, « ‘Le village de Bamboula’ : l’incroyable histoire d’une réserve humaine près de Nantes », Le Parisien, 18 janvier 2022, [en ligne :] https://www.leparisien.fr/culture-loisirs/tv/le-village-de-bamboula-lincroyable-histoire-dune-reserve-humaine-pres-de-nantes-18-01-2022-HI5NOK5NWVCU5GASTY7NMPAJD4.php (dernière consultation le 23/01/2025) ; Olivier Brumelot et Claude Bouchet, France 3 Régions, op. cit. ; Julien Coquelle-Roëhm et Nina Soyez, Mediapart, op. cit.

Affiche de publicité pour l’exposition de Somalis au Jardin zoologique de Paris en 1890 – Boudissan, domaine public via Wikimedia Commons

Si ce village est donc une « réminiscence des ‘zoos humains’, associée à un zoo animalier », il n’est toutefois pas un cas isolé, un pur anachronisme. Comme le rappellent Gilles Boëtsch et Pascal Blanchard, « il n’y a pas un modèle unique du zoo humain, mais une myriade de phénomènes qui s’entrecroisent, peuvent s’opposer et forment, en définitive, un phénomène mondialisé dès le XIXe siècle ». Le village de Bamboula est une déclinaison parmi d’autres de ce phénomène – et non la dernière.

Philippe Le Doze, op. cit.

Charline Zeitoun, op. cit.

Relevons ainsi les réfugiés karens, parmi lesquels des femmes qualifiées par certains de « femmes-girafes », parqués dans un zoo dans les années 1990 et 2000 par l’armée thaïlandaise. En juin 2005, « African Village » connait le succès quatre jours durant dans le zoo d’Augsbourg, en Allemagne. De même, des artistes pygmées sont brièvement installés, en 2007, dans un zoo de Brazzaville – au Congo, ancien pays colonisé –, en marge d’un festival de musique. Également Pygmées sont les personnes exposées, en 2002, dans un village reconstitué dans un parc animalier d’Yvoir, en Belgique, destinée à récolter des fonds pour la construction d’infrastructures de santé au Cameroun. Un rappel supplémentaire que parfois, aux yeux des organisateurs, la fin semble justifier les moyens, y compris quand ceux-ci consistent en la négation de la dignité humaine.

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Pour citer cet article

Alban Wilfert, « Le village de Bamboula, un zoo humain dans la France de 1994 », Revue Alarmer, mis en ligne le 24 mars 2026, https://revue.alarmer.org/le-village-de-bamboula-un-zoo-humain-dans-la-france-de-1994/

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